La couverture est un élément essentiel dans la perception d'un ouvrage, souvent c'est elle qui va attirer l'oeil et permettre au lecteur de faire le premier pas pour ouvrir un album. Je trouve que la couverture se rapproche de l'affiche cinéma, et le cinéma j'adore ça. Mais aussi la calligraphie, et quand l'image rejoint la lettre, j'ai l'impression que tout se complète, comme une composition graphique indissociable.Je travail petit pour aller à l'essentiel, mes planches comme mes couvs naissent souvent dans un format timbre poste, je reste partisan de ne montrer que  ce qui  sert l'histoire, en même temps ça m'arrange, je suis un gros paresseux...pour les couvs, c'est le moment le plus exaltant et le plus angoissant pour un dessinateur, j'ai tendance donc à travailler  cette étape là comme une affiche, en accordant autant d'importance à la typo qu'au dessin seul, ils sont indissociable .Par contre je ne me prive pas de sortir du récit pour être accrocheur, c'est d'ailleurs la seule fois ou je peux me le permettre.

C'est Luc qui m'a mis au taquet, en me proposant de refaire toutes les couvertures de MAKABI, j'avais pris le parti pris de laisser le personnage de Lloyd en blanc, sur un fond monochrome, ce qui m'évitait trop de recherche couleur, on ne se refait pas.

Ambulance 13,

2 idées qui en deviennent une seule, personnellement j'avais un faible pour la seconde, des brancardiers paumés au milieu de nul part, la guerre dans toute sa splendeur...

 

Le Cahier à Fleur

Histoire sensible, j'ai tout misé sur le regard de l'enfant entre la terreur et la révolte, le lien avec la mère et la musique, pas de tout repos....

 

SI SEULEMENT, le titre au départ était ET SI, une histoire de porte et de destin, compliqué à visualiser, je me suis servi du i du si pour rendre cette notion d'ouverture et de mystère, et comme un bon feniant que je suis, je me suis servi dans la bd pour réunir notre héros dans un état second, et la maison ou tout se passe avec une perspective qui tombait à pique, un coup de négatif pour l'ambiance, et le tour était joué ....

L'OEIL DE DOBERMAN

Ici, on retrouve un personnage bien connu de la seconde guerre, mais bien plus jeune lors des faits, il me restait l'ombre du nez pour nous le rappeler à notre bon souvenir.

BOURBON STREET, le déclic ici fut les chaussures, comment réunir une époque, un joueur de jazz, des souvenirs, la melancolie.j'ai tapé chaussure noire et blanche sur internet, et ce model est apparue comme la projection de tout ce dont j'avais besoin. L'idée de la photo m'est venue après la mise en couleur, alors que je plaçais l'ombre, j'ai pensé qu'une photo d'une fille entre le musicien et son instrument présageait bien des états d'âme de cet individu...

Nous Anastasia R.

Anastasia n'est pas morte, revisiter l'histoire en ayant soin de resituer les personnages pour comprendre de quoi on parle, il m'était difficile pour un premier volet de la mettre en scène dans ce contexte sans faire le lien avec Nicolas II et ce qu'il représente. Je décide de la replacer dans son contexte familiale et politique, plus jeune donc, me restait plus qu'à trouver les éléments pour identifier le reste, bien sûr l'uniforme de son père est une aubaine pour animer en couleur ce cliché volé d'une fillette un peu paumé face aux évènements, avec l'ambigüité que peut être celui ci fut pris avant le drame ....

 

AMBULANCE 13 TOME 3

Ici l'idée reste la même que pour le tome1, l'homme face à la guerre, contraste sur l'evenement, le personnage figé en premier plan, et la charge des poilus en second le tout sous le déluge, mais avec l'envie de créer un silence dans l'attitude du personnage, une sorte de ralenti visuel ...

Il est plus facile de trouver un élément graphique qui va structurer une couverture ici j'avais pris le choix de révéler les immenses roues, et machineries des vieux trains, ou la structure metallique de la gare .
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